
Déplorations polyphoniques de la Renaissance
Après plusieurs années passées à Rome, Joachim du Bellay fait publier en 1557 un important recueil de poèmes qu’il intitule Les regretz. L’auteur évoque notamment, dans les 191 sonnets de la collection, l’éloignement de sa terre natale, comme dans le célèbre Heureux qui comme Ulysse, la mauvaise fortune, et procède souvent par analogie en associant l’histoire mythologique ou biblique aux malheurs du temps présent : mélancolie, mort, tristesse amoureuse.
De nombreux compositeurs, contemporains du poète, vont se faire l’écho d’une telle démarche en mettant en musique les multiples facettes du désespoir. On trouve notamment, à la Renaissance, les premières mises en polyphonies du texte du Requiem et des Lamentations de Jérémie, parmi lesquelles culminent celles de Jean Richafort ou de Pietro Amico Giacobetti.
La déploration infiltre également le répertoire profane comme dans les célèbres chansons de Josquin Desprès, Nymphes Nappés et Mille Regretz, cette dernière étant la pièce préférée de Charles Quint au crépuscule de son règne. Dans ce cas, la bien-aimée lointaine, idée très présente dès le Moyen Âge, suscite autant de passions que l’inaccessible Vierge Marie à laquelle Adrian Willaert, suivant son maître Josquin Desprès, dédie son exceptionnel motet Inviolata et casta est.
Le programme du concert associe certains jalons de la polyphonie renaissante avec d’autres pièces plus secrètes dévoilées pour vous par l’ensemble Scandicus.
CONCERT EXCEPTIONNEL 25 JUILLET 2026 | MONTOLIEU (Aude)
Scandicus
